Nicolas Sarkozy ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Il vient de nous livrer, lors de son déplacement à Marignane consacré à l’industrie, cette pépite : « A ceux qui s’interrogent, je livre aujourd’hui un principe fondateur de toute la politique que j’ai voulu mener, dès avant 2007, et plus encore depuis : la priorité absolue donnée au redressement de l’industrie française ». Il faut avouer que cela nous avait échappé. Et il ajoute qu’il souhaite augmenter la production industrielle de 25% en 5 ans, et mettre un terme à l’érosion de l’emploi dans ce secteur.
Devant ces prévisions dignes du Gosplan, Gauche unitaire a sorti sa calculette pour faire le bilan de Sarkozy en la matière sur les deux premières années de sa présidence (de juin 2007 à juin 2009).
La production dans l’industrie manufacturière sur cette période a baissé de près de 16 % (1).
Les commandes reçues dans l’industrie manufacturière ont pour leur part chuté de plus de 36% (2).
Le chiffre d’affaires total dans l’industrie manufacturière a reculé de plus de 10 %, et celui à l’exportation de plus de 13 % (3).
Les investissements dans l’industrie manufacturière ont en 2009 dégringolé de 27%. (4)
Quant à l’emploi dans l’industrie, entre le second trimestre 2007 et le second trimestre 2009, il a chuté de près de 7%. (5)
Le passé éclaire l’avenir… Et les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Lire la suite
Nous sommes maintenant à deux courtes semaines du premier tour des élections régionales qui aura lieu le 14 mars prochain. La campagne entre dans sa phase décisive, dans le moment où des millions de personnes vont se décider entre les différentes propositions politiques en présence. L’écho rencontré par la campagne du Front de Gauche et des listes « Ensemble » témoigne de l’attente qui existe dans les profondeurs du pays pour une véritable alternative de gauche. Nous savons tous et toutes ce dont les salariés ont besoin aujourd’hui : d’une gauche combative, déterminée, qui porte de véritables mesures de ruptures avec les logiques libérales et productivistes dans les conseils régionaux. Mais déjà dans les débats de cette campagne se repose publiquement la question de la construction d’une alternative à gauche, au-delà des élections régionales.
Le Front de gauche est confrontés à cette exigence. Il doit intégrer l’expérience nouvelle que nous faisons à travers cette campagne et se transformer pour constituer un véritable espace permanent agissant sur toutes les questions qui traversent la société française. Lire la suite
Chères et Chers Camarades,
Il est des moments où chacun se trouve confronté à des choix qui interrogent ses engagements au plus profond.
Vous et nous avons en commun de considérer que l’intérêt de celles et ceux au nom desquels nous nous battons doit, en toute occasion, dicter nos comportements. Si nous nous sommes engagés dans la construction d’une perspective politique crédible, ce n’est pas pour nous autoproclamer leurs porte-parole, mais plus modestement pour contribuer à ce que leur propre mouvement trouve le chemin de la rupture avec le capitalisme, de l’émancipation humaine.
Vous et nous partageons, à cet égard, l’essentiel. Nous avons la volonté d’aider à la constitution d’une nouvelle force politique pour un socialisme démocratique. Une force qui fasse du brassage des histoires et des expériences un atout. Une force qui permette à chacun et chacune de trouver sa place pour porter une ambition commune. Une force qui vise à être majoritaire à gauche et dans le pays et qui, pour cela, cherche à rassembler dans les luttes et dans les urnes. C’est en ce sens que nous entendons travailler à la constitution d’un front politique et social, dont les avancées soient autant de jalons posés sur le chemin menant à cette nouvelle force. Cet horizon n’a jamais été d’une telle actualité. Sur fond de crise majeure du capitalisme, la crise historique de la social-démocratie et sa mutation en force « démocrate », qui l’amènent un peu partout en Europe à s’ouvrir au centre ou même à droite, peut très vite mener la gauche tout entière à sa désagrégation politique autant qu’idéologique. Il s’agit de toute urgence d’inscrire au cœur de cette dernière une stratégie de reconstruction d’une gauche digne de ce nom. Lire la suite
L’Union européenne, dans sa dimension zone euro, adresse à la Grèce un ultimatum de 30 jours : 30 jours pour confirmer de réelles mesures de redressement de son déficit budgétaire !
Certes les difficultés économiques existent, voir l’article de Nicolas Béniès « Spéculation contre la dette grecque ». Mais cet étrange vocabulaire guerrier ressortit d’une campagne de préparation des opinions publiques… Comme avant toute guerre, en effet. Mais guerre de qui ? Contre qui ? Pour quels objectifs ?
Les Grecs, ce sont eux qui il y a bien longtemps nous ont appris qu’il est utile d’insulter l’adversaire pour se stimuler avant le combat ! La leçon a été retenue : on y va gaiement, à leur encontre.
La Grèce, c’est avec réticence qu’elle a été acceptée dans l’Union européenne : bien sûr difficile de d’écarter le « berceau de l’Europe », mais déjà on ne lui faisait guère confiance. Une confiance en peau de chagrin lorsque la Grèce a annoncé qu’elle remplissait les conditions d’accession à l’euro. Et même à propos de ses capacités à organiser les jeux olympiques, les doutes ne manquaient pas…
Mais voilà, à chaque fois, les Grecs, à coups d’efforts et de sacrifices, ont été présents aux rendez-vous.
Mais, à présent, la vérité éclate : la Grèce est le maillon faible d’une zone euro qui subit les attaques spéculatives des implacables marchés financiers. Lire la suite
Une société qui a peur de sa jeunesse condamne son avenir
Couvre-feu pour les mineurs de 13 ans : la chasse à l’enfant est ouverte !
Après avoir modifié cinq ou six fois la législation depuis 2002, toujours en la durcissant et en s’attaquant chaque fois un peu plus aux libertés individuelles et collectives des citoyens, le gouvernement a mis sur la table un nouveau projet de loi, dit LOPPSI 2, dont l’une des dispositions, le « couvre-feu » à l’encontre des mineurs de 13 ans, vient d’être votée par l’Assemblée nationale.
Il s’agit de donner aux Préfets la possibilité d’établir ce « couvre-feu », en faisant raccompagner chez eux par la police les enfants de moins de 13 ans circulant seuls entre 23h et 6h du matin, dès lors que « leur présence sur la voie publique durant la nuit les exposerait à un risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité ». Les parents auraient à payer une amende de 11 euros et pourraient se voir retirer certaines aides municipales. En cas de récidive, ils pourraient s’exposer à des poursuites.
Après « l’état d’urgence » apparu en 2005, voici le « couvre-feu » ! Nos rues seraient-elles donc, dès la nuit tombée, envahies de hordes d’enfants de moins de treize ans, qu’il nous faille déclarer la guerre et aller jusqu’à légiférer sur cette question ?
Pourtant, la municipalité de Nice, toujours zélée en la matière et qui a instauré ce « couvre-feu » depuis trois mois déjà, reconnaît qu’elle n’a eu à ce jour à raccompagner… aucun enfant chez lui ! Lire la suite