Archives janvier 2010

28
jan

La campagne pour les élections régionales ne passionne pas (encore ?) les électeurs.

Il est vrai qu’elle semble ne pas cesser de démarrer… Avec quelques hoquets dans le moteur.
A droite on en est à changer de carburant !

Jusqu’à la mi décembre pour les initiés, et, pour le grand public,  depuis l’intervention télévisée du Président le 25 janvier, la feuille de route de l’UMP était claire pour ce rendez-vous électoral décisif dans la perspective de la présidentielle de 2012. Avec un mot d’ordre : défense et illustration de deux ans de politique sarkozyste ! Avec présence en têtes de listes d’une cohorte de ministres, et montée en première ligne de Sarkozy soi-même…

Bref, nationalisation à tout crin !

D’ailleurs, comment comprendre autrement le tapage organisé sur le thème de l’identité nationale et la burqa, ainsi que la valorisation de la réforme des collectivités locales ? Sus à l’immobilisme auquel nous condamnerait la gauche !

Mais les grands débats ont sérieusement dérapé. La réforme des collectivités locales fait souffler un vent de révolte parmi les élus. Et dans les sondages, cette boussole infaillible de la politique présidentielle, Sarkozy le flamboyant est au plus bas : 10 points derrière Fillon le morne… Lire la suite

Catégorie : Régionales 2010
26
jan

En matière d’éducation, Sarkozy et ses ministres successifs, Darcos et Chatel, font montre de beaucoup d’inventivité pour tromper le monde.

Que de leurres ! Un vrai feu d’artifices…

La réforme du lycée, tentent-ils  de faire croire aux lycéens et à leurs parents, ce serait mieux accompagner, mieux orienter, permettre de mieux s’adapter à son époque

Et nos bateleurs d’expliquer qu’on va instaurer le tutorat, accorder 2 heures d’accompagnement à tous les élèves, que ceux-ci auront jusqu’à la terminale la possibilité de se réorienter, la filière littéraire sera revalorisée, et favorisé le travail en équipe des enseignants… Des enseignants qui, grâce à la célèbre masterisation, vont voir augmenter leur niveau de qualification, et leurs salaires (puisque sans doute ils vont travailler plus : accompagner, orienter, réunionner…).

Pour,  plus de liberté et d’efficacité, généralisation de l’autonomie : autonomie des universités, autonomie des établissements secondaires…

Toutes ces belles promesses ? Foutaises ! Lire la suite

Catégorie : En lutte
21
jan

La sortie de la première secrétaire du Parti socialiste sur les retraites : « On doit aller très certainement, on va aller très certainement vers 61 ou 62 ans. Je n’imagine pas que l’on aille plus loin mais ce changement doit se dérouler à condition qu’on traite du problème de la pénibilité et du problème de l’activité des séniors. » est un très mauvais coup porté aux salariés.

Alors que le gouvernement fait du saccage de la retraite par répartition l’une de ses priorités pour l’année 2010, Martine Aubry a décidé de rendre les armes. Elle signifie ainsi avant même la confrontation que les travailleurs n’ont rien à attendre de la direction du PS, même pas timide soutien, face à l’offensive programmée de la droite et du patronat. En acceptant la remise en cause de l’âge l’égal du départ à la retraite, cette gauche se renie encore un peu plus. Elle s’aligne sur les libéraux qui nous serinent depuis près de 20 ans que le système de retraite solidaire est miné par un problème démographique. Or ce n’est pas le vieillissement de la population qui est en cause mais le partage inégal de la richesse produite.

Nous ne sommes pas condamnés au recul de l’âge légal de départ à la retraite, à l’allongement de la durée de cotisation, à la baisse sans fin du niveau des pensions. D’autres solutions existent à commencer par une hausse des cotisations patronales de 0,37% par an d’ici à 2040 qui permettrait d’équilibrer le système sans réduire le taux de remplacement ni allonger la durée de cotisation.

Catégorie : En lutte | À gauche
18
jan

19187639Droit au but !

La libération de Nelson Mandela, leader du Congrès National Africain (ANC), après vingt sept ans de prison, et son élection en 1995 à la tête de l’Etat Sud Africain, marquent de manière irréversible la fin du régime raciste, le terrible Apartheid. La même année, l’historique victoire des Springboks, équipe de rugby adorée des Blancs et haïe des Noirs, lors de la coupe du monde de rugby, fut un des symboles de La Naissance de cette nation. C’est ce qu’a parfaitement compris Clint Eastwood. Ni hagiographie, ni biographie, Eastwood se concentre sur son sujet : montrer comment Mandela arrivé à la Présidence, profitera de l’occasion que lui offre ce match pour lancer sa politique de réconciliation. Eastwood est ici porté par sa foi en une action et des personnages qui d’ailleurs le méritent : ténacité et courage pour Mandela et Pienaar, capitaine des Boks, incarnés par les excellents Morgan Freeman et Matt Damon. Et le film, dès l’ouverture, annonce la couleur : les Noirs jouent au football sur un terrain de fortune quand de l’autre côté de la route, les Blancs jouent au rugby sur un terrain  entretenu et parfaitement protégé. Ce qui s’oppose ici, marche par deux : Noirs – Blancs, Mandela – Pienaar ; ballon rond – ballon ovale, football – rugby ; garde rapprochée noire de Mandela et blancs nervis des anciens services spéciaux. Au début, chacun joue séparé. Au final, tous marcheront ensemble. Ce qui compte en sport comme en politique, c’est de faire équipe. Le tout est d’y croire. Comme ses personnages, le film avance, sincère, vrai, émouvant et malgré les raccourcis  inévitables dans une fiction de deux heures, plutôt bien documenté.  Eastwood a visé l’essentiel en un tir juste. Droit au but !

Laura Laufer

Entretien avec Anne Dissez, journaliste spécialiste  de l’Afrique du Sud.

Le film est très situé dans le temps

Oui, il se déroule au lendemain de la première élection démocratique qui a porté l’ANC au pouvoir et plus particulièrement Nelson Mandela. Je me souviens quand je suis arrivée là bas,  il y avait une grande terreur des Blancs qui disaient à propos des Noirs « ils vont déferler sur les villes quand ils vont comprendre qu’ils ont gagné les élections ». A partir de 1994 tout le monde avait le droit de vote pour tous au Parlement ; ça a été le grand changement, et c’est devenu un pays démocratique. Eastwood a bien compris l’atmosphère de 1994 où ces Blancs avaient une trouille bleue. C’est vrai qu’ils avaient raison d’avoir peur, s’ils pensaient à d’autre contexte de décolonisation tels le départ des colons d’Algérie en 1962. Mais en réalité, le contexte international était différent et c’était mal connaître le peuple noir : de même c’était méconnaître toutes les négociations qui avaient eu lieu avant entre l’ANC et les différents pays comme les Etats Unis, la Grande Bretagne, l’Europe du Nord plutôt. Le film a vraiment pour sujet la réconciliation, mais il ne fait pas de ce match de rugby le centre de cette affaire. Il ne hiérarchise pas. Comme je le disais les Blancs avaient peur mais les pays occidentaux avaient demandé des garanties qu’il n’y ait pas d’équivalent du procès de Nuremberg ou de règlements de compte. C’était une période très sensible où on était sur une ligne de crête. Mais même en Afrique du Sud aujourd’hui, on magnifie les luttes des townships et on passe sous silence le rôle de la pression internationale sur le régime. Lire la suite

Catégorie : Cultures
18
jan

Le 21 janvier prochain, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à une journée de mobilisation et de manifestation dans la Fonction publique.

Les attaques tous azimuts parmi lesquelles le changement de statut de la Poste, malgré le referendum citoyen de 2009,  la loi sur l’hôpital public, la privatisation d’EDF, marque la volonté de réduire à la portion congrue les services publics creusant ainsi encore plus profondément les inégalités sociales dans des domaines aussi élémentaires que la santé ou l’éducation. Mais il s’agit également d’une volonté de mener à bien une véritable politique de démantèlement de l’administration publique avec la révision générale des politiques publiques (RGPP) doublée de la réforme de l’administration territoriale de l’Etat et de s’attaquer au statut des fonctionnaires.

Depuis des mois, les personnels résistent en liaison avec les usagers comme à l’hôpital, dans l’enseignement ou dans la culture. L’appel unitaire à la journée du 21 janvier devrait permettre une première journée de mobilisation nationale et commencer à fédérer les mobilisations existantes. Et son existence, dans l’enseignement, a permis que la CFDT et l’Unsa appellent également à la mobilisation sur leurs propres mots d’ordre.

La présence côte à côte dans un appel commun des trois sigles syndicaux est un réel encouragement pour tous les syndicalistes et tous les salariés qui, dans le public, comme dans le privé, après les mobilisations du premier semestre 2009, s’interrogent à la fois sur « comment repartir » et sur le rôle de l’unité syndicale.  S’il faut construire la convergence des luttes, comme le dit l’appel, il faut également reprendre les débats sur la place d’un pôle syndical combatif et dynamique.

Gauche unitaire, ses militantes et militants seront bien évidemment présents dans les cortèges, qui s’annoncent très nombreux, le 21 janvier, pour la défense des services publics.

Catégorie : En lutte